Colorer ses cheveux naturellement : le henné

Le henné et moi… c’est depuis un an une grande histoire d’amour.
Depuis plusieurs années, je cherchais une coloration pour tendre vers le roux, mais sans abîmer les cheveux. (Ceci dit, je ne suis pas sûre que le roux m’aille tant que ça, question de teint, mais c’est une autre histoire.) J’ai toujours fui les produits chimiques (si l’on me passe deux ou trois reflets roux faits chez le coiffeur), j’avais trop peur d’abîmer mes cheveux et puis je me sentais complètement incapable de comprendre comment cela fonctionnait avec les color-in, les color-out et que sais-je… Je craignais des résultats atroces : cheveux secs, abîmés, ternes, cassants, avec encore plus de frisottis qu’avant, reflets douteux (verdâtres ou orangeâtres, au choix), effets racine, et j’en passe… car, oui, c’est tout ce que l’on risque avec ces merveilleuses colorations et décolorations chimiques. Même si toutes ne sont certes pas aussi nocives les unes que les autres.

Les colorations chimiques
Les colorations chimiques peuvent être classées en trois types (selon la puissance de la coloration) :
– les temporaires (de type I) : elles ne donnent que des reflets qui s’estompent en six à huit shampooings. Elles sont sans ammoniaque et n’âbiment donc que peu les cheveux.
– les tons sur tons (de type II) ou colorations semi-permanentes, permettent d’obtenir des couleurs proches de la couleur naturelle sans l’effet racine. Ces colorations s’estompent au bout de six à huit semaines. Elles sont également sans ammoniaque.
– les permanentes (de type III) : par un double processus, elles permettent une coloration définitive du cheveu, en souvenant les écailles du cheveu pour en retirer la couleur et y déposer un nouveau pigment ; il s’agit enfin de refermer les écailles du cheveu. Le fait d’ouvrir et de refermer les écailles fragilisent le cheveu et l’assèchent. Ces agressions répétées à terme donnent ce que l’on peut voir autour de soi : des cheveux qui ressemblent à de la paille (plus encore si on se donne la peine de les lisser pour à tout prix discipliner une crinière que l’on a déjà que trop maltraitée). En sus, il faut très souvent considérer l’effet racine et une coloration doit être entretenue toutes les quatre à cinq semaines.
Et ça peut être sans compter les fautes de goût des unes et des autres…

Le henné
Principes généraux
Le henné n’empêche pas les fautes de goût mais il offre au moins une coloration permanente sans besoin d’abîmer le cheveu. Le henné se contente de déposer ses pigments directement sur les écailles du cheveu, sans les étouffer, pour leur apporter, selon le type de henné et les poudres diverses ajoutées, une couleur durable dans le temps, chaude et chatoyante.
En plus de ses vertus tinctoriales, le henné est en lui-même un véritable soin pour les cheveux : gainant, disciplinant, épaississant, réparateur… Depuis un an que je me tartine le cuir chevelu de « bouse végétale » (ceux qui se teignent déjà les cheveux au henné sauront de quoi je parle), j’ai eu le temps de constater les bienfaits du henné sur mes cheveux. Non seulement le lawsonia inermis (nom savant de la plante qui donne le henné) colore efficacement les cheveux (cheveux blancs inclus, mais deux applications successives peuvent être nécessaires pour obtenir un résultat satisfaisant), mais ces derniers paraissent plus doux, plus soyeux, plus lisses aussi. J’avais les cheveux très ondulés, mes ondulations se sont détendues pour donner des jolies et larges boucles, et j’ai retrouvé les anglaises que j’avais parfois.
Pour peu que l’on mette les bons ingrédients, les cheveux ne sont pas asséchés (le henné peut avoir un effet asséchant), ni poisseux.
Car on peut rajouter quantités d’ingrédients à son henné : amla, katam, indigo, cannelle, rhapontic (rhubarbe), papikra, œuf, yaourt, HV, HE et actifs divers (phytokératine, panthénol, silicone végétal…). En chargeant moins mon dernier henné, j’ai effectivement pu constater que mes cheveux n’étaient pas plus poisseux qu’avant (j’applique toujours mon henné sur cheveux propres). Certain(e)s disent même qu’une application de henné permet de retarder le prochain shampooing (en raison de son aspect asséchant). Ce qui est plutôt heureux puisqu’idéalement il ne faut pas laver ses cheveux tout de suite après une application de henné, le temps de laisser la couleur s’oxyder au fil des jours (le processus prend deux à quatre jours et plus il dure, plus la couleur est soutenue et sombre).

Précautions
Il s’agit cependant de prendre quelques précautions avec le henné. Certains types de henné sont dits « renforcés », c’est-à-dire qu’ils contiennent des sels métalliques (sodium picramate) ou encore du PPD (dans le cas dudit « henné noir », soit : de l’indigo).
Les sels métalliques servent surtout à rendre la couleur plus rouge et plus éclatante mais, en contre partie, ils abîment le cheveu et leurs effets sur la santé ne sont pas bien connus. Surtout, les sels métalliques, en contact avec des cheveux oxydés par une coloration, peuvent brûler le cheveu (le contact des deux provoque une forte chaleur). Aussi est-il toujours déconseillé de faire un henné tout de suite après une coloration chimique, surtout si vous n’êtes pas sûrs de la provenance de vos poudres.
Le PPD sert à mieux faire prendre l’indigo… Je ne connais pas bien ses effets mais, dans le doute, il vaut mieux choisir un indigo sans PPD et mettre dans sa mixture du bicarbonate de soude et / ou du sel qui, chacun ou ensemble, permettent de mieux faire tenir l’indigo. En outre, un shampooing au sidr permet de remédier à un trop grand dégorgement de la couleur lors du premier shampooing. En outre, le PPD est un composé synthétique et si l’on décide de passer au naturel, ce n’est peut-être pas pour s’embarrasser de ce genre de produit…
Autre chose : il n’est plus possible de faire de permanente sur des cheveux teints au henné. La permanente ne prendrait pas. Et si vous avez utilisé un henné renforcé, vous brûleriez vos cheveux.

Les différents types de henné
Le marché propose différents types de henné : blond, châtain, etc. En vérité, il s’agit de lawsonia inermis couplé avec d’autres plantes, le plus souvent du henné neutre, du broux de noix et de l’indigo. (Et parfois les fameux sels métalliques ou du PPD.) Le mélange de ces diverses poudres permettent d’obtenir diverses nuances. Ledit henné blond comprend généralement très peu de lawsonia avec beaucoup de cassia obovata (souvent appelé « henné neutre », à ne pas confrondre avec le « henné naturel » qui désigne le lawsonia), avec des poudres éclaircissantes et / ou « blondissantes » : camomille, miel, rhubarbe, curcuma…
Ainsi, on peut soit préférer acheter des mélanges tout prêts, soit fabriquer son propre mélange de poudres et tester sur soi ce que cela donne. En fonction de la concentration des diverses poudres, de la préparation (à l’eau chaude, à l’acide et / ou avec des infusions) et… de la base de votre chevelure, on peut obtenir diverses nuances de teintes.
Le henné ne peut pas, ou pas plus qu’un demi-ton, éclaircir votre cheveu. Une femme brune ne pourra pas devenir blonde avec le henné, mais elle pourra espérer enrichir sa teinte naturelle de subtils reflets plus ou moins roux ou rouges selon ce qu’elle souhaite. À l’inverse, une jeune femme blonde pourra toujours espérer foncer ses cheveux grâce à des applications de henné et d’indigo.

Où trouver son henné ?
Enfin, pour savoir où trouver votre henné… Il est possible de s’en procurer en grande surface (henné color, Shiraz, notamment, mais d’autres encore, je n’ai pas trop regardé), mais il s’agit de bien lire les étiquettes quant à la possible présence de sels métalliques ou de PPD, mais on peut aussi se procurer les poudres de base ou des mélanges sans adjonction de produits suspects directement auprès de fournisseurs soucieux de la qualité de leurs produits : Aroma-Zone, Centifolia et Henné indigo et compagnie.

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2 Commentaires

  1. Merci de ton article !

    Personnellement, je viens d’acheter du Henné chez Lush, je vais l’appliquer dans un peu plus d’une semaine (le temps d’avoir une main d’oeuvre pour m’aider! ) mais j’ai hâte ! J’espère aussi avoir de beaux reflets roux 😉

  2. […] Après avoir « disserté » (ouh ! le vilain mot prétentieux !) sur le henné lors de mon dernier article, me voilà à décider de discourir sur la préparation du […]

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