Passer au bio…

Le sujet est à la mode, c’est vrai… et depuis plusieurs années.
Je comprends très bien, pour ma part, que les divers messages poussant à prendre soin de l’environnement, à prendre soin de soi, à manger bio pour éviter les pesticides, parce que l’on trouve que ça a meilleur goût, à manger local pour éviter les impacts dus au transport des aliments (l’avion en premier chef) et favoriser le commerce de proximité, que ces divers messages, donc, en agacent plus d’un. Pour ceux-là, je ne vais rien faire de plus que d’en rajouter une couche.
Je me souviens d’avoir vu ce genre de messages quand j’étais lycéenne, il y a dix ans, le concept de consommer local, notamment, pas au-delà d’un rayon de 200 km. À l’époque, j’avais même trouvé ça exagéré. À cette même époque, je participais de manière active à un journal de lycée qui, sous l’impulsion de sa créatrice, était imprimé sur papier recyclé ; cette même créatrice, une amie alors, avait quelquefois évoqué sa mère, faisant ses courses dans une chaîne de magasins bio (Naturalia, pour ne pas la nommer) et avait un côté fleur bleue qui me hérissait parfois (à cause d’un de ces processus que l’on nomme en psychanalyse « contre-investissement » à l’encontre de l’influence de ma mère).
Mais je me suis trouvée surprise à fouiner dans le Naturalia de mon quartier, quelques années plus tard, alors que je vivais à Paris, que j’achetais les produits les moins chers possibles dans mon supermarché et que je trouvais proprement exhorbitant le prix d’un seul paquet de quatre yaourts bio… Bio, certes, mais pouvait-on mettre raisonnablement un tel prix ? Je me rappelle encore à quel point je trouvais étrange de mettre le pied dans ce genre d’endroits. L’impression de rejoindre presque une secte, celle des puristes de la défense de l’environnement, moi qui ai toujours détesté les extrêmes, quels qu’ils soient — position de l’entre-deux et du relativisme qui pourrait par ailleurs m’être fort reprochée.
Durant ces quelques mois de maturation (pourrait-on dire), mon plus jeune frère m’a offert un petit coffret de Nature et découvertes (cette si sympathique enseigne à la tortue !) qui comprenait un jeu de trois huiles essentielles (eucalyptus, niaouli et tea tree) afin, soi-disant, de me préserver durant l’hiver… Il trouvait que ça me correspondait bien. Je l’ai remercié, sans trop y croire, et ce coffret a dormi tranquillement dans un de mes tiroirs pendant près d’un an. C’est plus ou moins pour voir, parce que j’étais enrhumée une fois de plus, que je l’ai ressorti. Ça sentait bon, cela favorisait la décongestion, mais c’était loin de m’aider franchement.

Et puis il a fallu le prétexte d’une rupture, après un séjour en Alsace et outre-Rhin (là où le bio est plus présent pour un coût moindre), pour que j’arrête d’en rester seulement aux produits ménagers dits écologiques (produits de supermarché, donc au bilan proprement écologique très relatif), aux produits de commerce équitable et au papier recyclé. À l’époque, mes achats de produits écologiques faisait railler. Une marotte… Et puis ça coûtait plus cher à l’unité. Pourtant je persistais.
Je commençais à n’en plus pouvoir d’avoir l’impression de jeter dans mes canalisations du poison, je m’écœurais de me polluer moi-même et de polluer mon environnement (le fût-il déjà assez par ailleurs), je ne supportais plus de penser aux traces que je laissais de ma présence, traces invisibles, a priori, mais ô combien là ! J’avais l’impression que ma vie se faisait au détriment de celle d’autrui, au détriment de la vie végétale, de la vie animale et de la vie même de mes successeurs. J’avais l’impression de détruire mon environnement, de détruire ce qui me tenait si souvent en joie, et, quelque part, de me détruire à petits feux. L’impression de traiter bêtes et hommes comme une poubelle, les charger de subir ou de réparer les dégâts et crasses que, moi, je causais, de me déresponsabiliser de mes actes et paroles.

« Nous n’héritons pas de la terre de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants. »

Antoine de Saint-Exupéry

Du jour au lendemain, et pour ne plus m’arrêter jusqu’à aujourd’hui, presque un an et demi après, je suis passée au bio pour mon alimentation et aux produits écologiques des magasins bio pour l’aspect ménager — voire je les fabrique moi-même pour certains (coût de revient extrêmement intéressant).
Il a fallu un peu de temps pour équilibrer mon budget, certes. Manger bio n’est pas sans coût. Certains recommandent de faire les choses progressivement ; pour ma part, j’ai presque tout fait d’un coup, et les modifications alimentaires qui vont avec. Je mange bien moins de viande (j’envisage à terme de devenir proprement végétarienne), j’ai arrêté toute consommation de produits préparés (sauf les biscuits secs, et encore), j’achète beaucoup en vrac (ça réduit les déchets)…
Il est faux de penser que manger bio coûte nécessairement (beaucoup) plus onéreux : la plupart des produits ne sont pas tellement plus cher en bio que les produits de marque, ou même de marque distributeur, voire : certains le sont moins. Il est sûr que l’on ne peut pas s’en sortir si on décide de manger autant de viande qu’avant, par exemple, de continuer à consommer des produits tout prêts… J’ai maintenu ma consommation de produits laitiers parce que je ne peux pas m’en passer mais, c’est vrai, ça a un coût.
Là où il est encore possible de faire de la marge, c’est sur les produits ménagers : à partir de vinaigre blanc, de bicarbonate de soude, de savon noir et de quelques huiles essentielles, on peut fabriquer plein de choses. (Je vous invite à lire le site de Raffa.)

Il a fallu quelques mois de plus, en profitant de l’été dernier et du temps qui m’était alloué, pour en faire autant avec les produits de beauté, le temps de vider la plupart de mes tubes divers de crèmes pour le corps, le visage, les cheveux… Je craignais d’avoir à payer beaucoup plus (trop) mes produits de soins et de maquillage en institut bio qu’en institut normal… À ma surprise : non, pas nécessairement.
Certes, les produits de soins sont souvent plus chers que dans les supermarchés (là où j’achetais à peu près tout ce que j’utilisais, sauf la crème pour le visage qui provenait de la parapharmacie, ma peau hypersensibile ne supportant plus les produits bas de gamme), mais ils le sont moins que ceux de très grandes marques (je n’y ai jamais sacrifié). Autant pour les produits de maquillage.
En parallèle, je me suis interrogée sur la façon de limiter mes déchets (déjà restreint par l’utilisation de sachet en papier et de sacs en toile proposés en magasin bio et de plus en plus en supermarchés « conventionnels ») : utilisation de cotons démaquillants lavables (on peut en faire autant pour les couches), achat d’une coupe menstruelle (plus économique, plus écologique et plus confortable que les tampons, fussent-ils certifiés bio).

Et il a fallu que je veuille prendre soin de mes cheveux de A à Z (ma crinière, que dis-je… la paille qui me servait de crinière se trouvait en un état lamentable : des crins très secs, rebelles, déshydratés…), pour commencer à penser à fabriquer moi-même mes cosmétiques. J’ai ainsi commencé par la coloration au henné et le shampooing, en me servant d’une base lavante déjà prête à l’emploi (il n’y a plus qu’à rajouter les composants qui nous intéressent), puis au fil des urgences (plus de produit chez moi et / ou impossibilité de trouver un correspondant bio convenable par rapport à mes attentes), en m’inspirant du grandiose Aroma-Zone et de divers blogs, j’ai entrepris la fabrication d’un démaquillant pour le visage, puis pour les yeux, de sticks à lèvres (réellement économique pour mon industrielle consommation, moins cher au bâtonnet que celui de la marque distributeur)… pour en venir à ce que je fais aujourd’hui : crème corps, crème pour le visage, crème de jour et sérum disciplinant pour les cheveux… bref, un grand nombre de cosmétiques courants et en passe de fabriquer de A à Z mes savons, bougies et une partie de mon maquillage.
Et pour ce qui est de ma santé, j’ai même pu, grâce à l’utilisation de certaines huiles essentielles et huiles végétales, réduite les visites chez mon médecin généraliste et la consommation de produits pharmaceutiques.
Dans l’ensemble, ma peau et mes cheveux se trouvent en bien meilleur état qu’il n’y a seulement un an. Mes cheveux ont beaucoup poussé et j’ai gagné 16 cm de pousse en 14 mois en me rendant pourtant quatre fois chez le coiffeur ; de très secs et abîmés, mes cheveux sont devenus plus doux, plus brillants, presque disciplinables, volumineux. J’ai par contre retrouvé un vieux problème : mon cuir chevelu regraisse un peu vite (sans que je ne puisse dire que mes cheveux soient gras à proprement parler) et quelques pellicules ont refait surface). J’ai moins d’acné hormonale sur le visage et ma peau est devenue moins sensible qu’elle ne l’était les dix dernières années. De manière plus générale, je suis simplement plus à l’écoute de mon corps, de ma nature et je m’en porte mieux.
Je ne suis pas la seule à avoir constaté de tels progrès.

Alors passer au bio, pourquoi ?
Les produits ménagers écologiques permettent d’éviter une trop grande pollution de l’environnement par les déchets que l’on rejette, avec les conséquences diverses que cela peut engendrer : pollution des nappes phréatiques et cours d’eau, entraînant un déséquilibre notable de la faune et de la flore, pouvant aboutir dans les cas extrêmes à la disparition de certaines espèces et mettant en tout cas en danger l’équilibre écologique de divers milieux et autres réactions en chaîne qui ne sont pas encore toutes connues ni mesurées, impacts sur les eaux, même de consommation, etc., etc.) ; d’éviter aussi les risques d’allergie diverses par la manipulation de produits corrosifs ou aux vapeurs plus que douteuses ; d’éviter la surconsommation et par là faire du bien à notre porte-monnaie (si, si, et en période de crise, n’est-ce pas plutôt précieux ?) : la plupart des produits ménagers peuvent être fabriqués à partir de quelques ingrédients simples (cf. supra) et ceux qui peuvent rester à acheter sont souvent disponibles en plus grands contenants (moins d’emballage, donc), pour un prix au litre ou au kilo peu éloignés des marques conventionnelles et souvent une durée de vie plus longue (du moins l’ai-je remarqué pour la lessive et le produit vaisselle, les deux seuls produits que j’achète tout faits).
On pourrait même y rajouter une autre considération : devenir un consomm’acteur (je vous avoue cependant que ce néologisme m’irrite quelque peu…) induit un regard autre par rapport à nos (mauvaises) habitudes de consommateur : cesser de consomemr pour consommer, recycler, redonner une deuxième vie autant que possible, faire jouer l’économie solidaire… cesser de prier les dieux païens (et destructeurs) Capitalisme et Libéralisme et espérer poser les bases d’une société plus juste, plus respectueuse des gens et de la nature, cesser de courir à contre-temps pour simplement vivre à son rythme et remettre en cause des prétendues évidences (construites) pour créer et ouvrir d’autres possibles au-delà des seuls profits.

Il paraîtrait certes que consommer des aliments issus de l’agriculture et de l’élevage biologiques diminueraient le risque d’apparition de certains cancers (dixit une collègue de travail, à propos du cancer du sein, propos qu’elle tenait de son gynécologue), en rapport avec l’ingestion tellement moins de taux de pesticides qui irait avec, que les produits auraient meilleur goût (ça ne m’a pas toujours sauté au visage, mais je n’ai pas un nez très fin), mais (ce que j’y ai vu en premier lieu) c’est avant tout dans un mode de production plus respectueux de l’environnement de culture maraîchère (interdiction de l’utilisation des pesticides de synthèse, saisonnalité, production souvent locale et transports moindres), sans compter une rémunération plus digne pour l’agriculteur lui-même. (Tout ceci ne signifie pas que l’on ne peut pas trouver des traces de pesticides chimiques, par contamination d’un champ proche traité de manière dite « conventionnelle » — appellation pour le moins curieuse — même si certains chiffres avancent que 95 % des produits bio sont exempts de toute trace des pesticides, cf. « Bio et pesticides »), ni qu’il n’y a aucun procédé de traitement naturel.

Pour les produits de beauté, il faut savoir que l’industrie cosmétique conventionnelle est extrêmement polluante, utilise des ingrédients de synthèse souvent dangereux à long terme (on commence seulement à s’en apercevoir, comme pour les parabens, et à ce sujet on peut lire le livre de Rita Stiens : La vérité sur les cosmétiques), qui peuvent entraîner des allergies diverses et pas toujours prendre soin de votre peau ou de vos cheveux comme ils le prétendent… Tel l’emploi du collagène chimique dans les shampooings qui, certes, au premier abord, confère un meilleur aspect au cheveu mais à la longue l’étouffe sûrement.
Acheter des produits de beauté bio est souvent synonyme de moindre efficacité dans l’esprit populaire, on fait plus facilement confiance aux grands laboratoires, aux marques qui ont soi-disant fait leurs preuves, ou même juste au nom, et cela se conçoit. Et pourtant, quand on regarde la liste INCI, on peut se rendre compte que certains composés sont pourtant des produits tirés de la nature et que d’autres sont juste superflu ou connaissent des équivalents utilisés en cosmétique bio oh combien moins toxiques ! J’ai parfois dû tester plusieurs produits pour en trouver un qui me convienne (notamment pour les mains) et certains internautes ont rapportés des réactions fortes dues à certains produits de beauté bio (on y reviendra), mais dans l’ensemble, j’ai toujours été très satisfaite de la cosmétique bio). Et comme je le disais plus haut, ce n’est pas plus cher, du moins pas nécessairement (surtout si vous achetez en permanence du Clarins, Clinique ou Estée Lauder — sans jugement aucun).
J’ai déjà évoqué certains des résultats que j’ai obtenus plus haut, à la fois avec des produits tout faits comme faits maison.

Pour ceux et celles qui songeraient à fabriquer leurs cosmétiques, il faut quand même savoir que ce n’est intéressant que si on se décide à le faire régulièrement, auquel cas autrement les matières premières risqueront d’être perdues (et le gaspillage qui va avec) et le coût plus élevé qu’il n’aurait dû être, que ça implique de bien se documenter sur le mode de fabrication, les matières premières et leur utilisation et de prendre le tour de main (pas toujours facile).
À terme, surtout pour les petits budgets et pour peu que l’on passe sur l’investissement de base en matière première et outils divers (récipients en inox, spatules, contenants…), cela devient réellement intéressant, à double titre : le prix de chaque cosmétique home-made est moins élevé qu’en magasin, on n’a pas à perdre le temps pour aller le chercher (et risquer de ne pas le trouver, même si on peut manquer de matière première, il est vrai) et on a moins à se tuer à la tâche au travail pour renflouer son budget destiné au soin de soi (ce qui me motive tout particulièrement quand je me sens la flemme de me lever pour faire mes cosmétiques — chose qui peut exiger deux bonnes heures pour deux-trois produits cosmétiques).
Autres avantages : des produits plus ciblés selon ses propres problèmes divers (ce qui suppose par contre d’avoir bien cerné l’état de sa peau, de ses cheveux, et autres… et peut imposer un rendez-vous avec une esthéticienne), souvent plus riches que les produits vendus en institut, la connaissance de ce que l’on a mis dedans et de leurs actions, le plaisir de faire soi-même, voire de l’offrir.

Néanmoins :
L’utilisation de certains produits bio n’est pas sans effets ! Les huiles essentielles (HE) ont beau être naturelles, elles n’en sont pas moins très puissantes, voire dangereuses si mal employées ! Idem pour certains huiles végétales (HV) comme l’HV de calophylle inophyle, excellente pour la circulation veineuse (et donc idéale pour les jambes lourdes), avec laquelle j’ai fait une désagréable expérience de surdosage (tout à fait accidentel) qui a donné lieu à des palpitations et de l’angoisse. (Remède : filer sous la douche pour me laver et donc retirer la fine couche d’huile qui n’avait pas encore pénétré dans la peau.) Il en est de même pour tout produit naturel : naturel ne signifie pas anodin. (Ni inefficace.)
Certains produits naturels peuvent également provoquer des allergies ou du moins de fortes réactions, et il convient d’être toujours précautionneux dans l’usage que l’on en fait.
En outre, les HE sont déconseillées aux enfants de moins de trois ans, aux femmes enceintes et allaitantes ainsi qu’aux personnes épileptiques. Certaines sont en effet abortives et / ou neurotoxiques à long terme (HE de sauge sclarée et de cèdre atlas, notamment, mais il en est d’autres.) (Pour plus d’informations, lire notamment les précautions d’emploi d’Aroma-Zone.) D’autres HE, celles d’agrumes en grande majorité, sont photosensibilisantes : toute exposition après leur emploi est donc déconseillée.
Enfin, l’utilisation de remèdes faits maison, à visée thérapeutique j’entends, ne doit pas vous dispenser de consulter un médecin ! Apaiser la douleur, c’est bien, mais il ne faudrait pas passer à côté d’une affection grave qui nécessiterait une prise en charge adéquate !

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2 Commentaires

  1. Merci de nous faire partager ton expérience, je suis encore en transition, ma première commande AZ (pour peau, cheveux et produits ménagers), des fruits et légumes bio. Je n’ai pas sauté le pas totalement pour l’alimentation à cause du budget, je me fais plaisir de temps en temps mais à long terme c’est difficile (ex : le sirop de grenadine à 6euros au lieu de 1,50) et avec un mangeur de viande invétéré à la maisonje n crain de pouvoir appliquer ta technique mais ça fait son bout de chemin

    1. Et merci pour ton commentaire. Je suis contente de voir que mon expérience peut peut-être apporter quelque chose à d’autres.
      Il est vrai que passer au bio peut être difficile et que l’on peut se demander si tout ça n’est pas un luxe… C’en est un, assurément. Est-ce que c’est forcément un luxe de riche ? Je n’ai pas envie de croire que oui. Mais c’est vrai que ça peut impliquer certains « sacrifices » (qui n’en sont pas pour moi, mais c’est une appréciation toute personnelle).
      Pour la viande, je peux entendre. La viande certifiée bio est vraiment très chère et c’est avant tout ce qui m’a poussée à réduire ma consommation. En outre, les animaux sont mieux traités, en général. Sinon, on peut privilégier le label Rouge pour de la viande de qualité. Mais, pareil, c’est vrai que c’est cher, surtout si l’on a un « pur carnivore » à la maison.
      Faire déjà comme on peut, c’est bien. Sinon, on s’écœure et on jette l’éponge (ce qui serait encore plus dommage !).

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