Réflexions en vrac : femme, où es-tu ? qui es-tu ?

Disappearing
De la photographe yéménite Boushra Al Mutawakel

À l’heure des Jeux Olympiques, rencontre sportive dont je profite (j’avoue, mais je ne pèche qu’une fois tous les quatre ans — ça reste « presque » raisonnable), je suis nombre de matches des équipes féminines… Les Françaises hier soir au handball, au football ou encore au basketball, trois équipes qui ont gagné leurs matches. D’ordinaire, qui en parle ? Personne.
Les femmes constituent la moitié de l’humanité, mais c’est la moitié oubliée.
Pourquoi faut-il attendre les Jeux Olympiques pour entendre parler de ces dames ? Pourquoi, ne serait-ce qu’au football, ce sport si populaire en France, n’est-il jamais question que des équipes masculines ? Pourquoi les femmes sont-elles toujours le parent pauvre ? Pourquoi entend-on même des commentateurs dire, tout en prétendant s’excuser, que telle joueuse française, éminemment brillante, « joue comme un mec » ? À noter que ça, c’est censé être un compliment. — Pis, même dans le langage commun, c’est bel et bien une insulte que de dire, même d’unetelle, qu’ « il / elle joue comme une meuf. » (Merci pour nous.)
Pourquoi ne médiatise-t-on pratiquement que (c’est un euphémisme) les équipes masculines ? (J’étais lycéenne quand, pour la première fois, j’ai entendu cette question que je transmets, mais j’étais bien loin, à l’époque, d’en mesurer la portée, bien loin aussi de mesurer le poids de ma condition.) — À ce sujet, on pourrait expliquer ça par un appétit masculin naturellement plus prononcé pour le sport, dû à une manifestation sous ce mode de leur composante homosexuelle qui s’exprime dans la rivalité, rivalité pacifiée dans le sport (parce qu’il est des faces nettement moins pacifiques de la rivalité). On pourrait aussi dire que cet appétit soi-disant naturellement plus prononcé pour le sport est dû à un conditionnement culturel (de un) et que (de deux) la manière qu’ont les femmes de souvent (voire systématiquement) se mesurer avec les autres, et simultanément de s’angoisser (au risque d’avoir l’impression de ne pas être une femme face à une autre femme qui leur paraîtrait plus femme qu’elle) quant à leur apparence, vaut bien une forme d’expression masculine. — C’est bien court de le dire ainsi, bien maladroit, et bien criticable à plus d’un titre : parce que trop lapidaire, parce que j’utilise ici quelques concepts souvent très mal compris par le grand public, tirés tout droit de ma discipline, certes la psychologie, mais en son sein essentiellement la psychanalyse (et qu’importe qu’elle ne soit pas en odeur de sainteté dans le grand public : cela ne m’empêche pas et d’éprouver sa vérité et validité théorique et une efficacité thérapeutique), parce qu’il me faudrait plus de rigueur, etc., etc. — Je rajouterais quand même que si on peut établir des comparaisons entre hommes et femmes, relever a priori des analogies, ce qui apparaît peut être sous-tendu par des motifs et une structuration inconsciente différents — ce qui ne doit justifier aucune naturalisation facile et qui risquerait de mener à de trop nombreux travers. C’est d’ailleurs sur ce genre de naturalisation à la con qu’on a plus d’une fois fait des femmes des sous-citoyennes. (Je me permets aussi de remarquer qu’en français, au contraire de l’allemand, du latin et du grec ancien, nous ne possédons pas de mot pour marquer sémantiquement la différence entre l’homme au sens générique et l’homme au sens sexué : les Allemands ont Mensch et Mann, les Romains : homo et vir et les Grecs : ἄνθροπως et ἄνδρος. Bref.)
D’ailleurs, pourquoi faut-il que l’on parle d’équipe de France de football / handball / basketball / n’importe-quoi ball ou pas ball (d’ailleurs) féminine ? Pourquoi ne parle-t-on pas non plus d’équipe de France de machinchouette masculine ? Nan, parce qu’il ne faut pas croire, en fait : il y a l’équipe de France, la vraie, l’officielle, et l’autre, la féminine, c’est celle des sous-hommes, pas la peine de la mentionner.
Je me suis parfois demandée pourquoi il a fallu que l’on en vienne à penser et construire une… histoire des femmes. Sous-entendu que l’histoire, telle qu’on la pense usuellement, est l’histoire des hommes, pensée par des hommes. On en vient à parler d’une histoire des femmes comme on parle de l’histoire d’une minorité (au passage, juste la moitié de l’humanité, mais passons). Pourquoi aussi a-t-il fallu que les femmes se battent pour obtenir des droits considérés comme dus ou du moins acquis bien plus tôt pour les hommes ?

C’est vrai, je ne supporte plus certains diktats imposés aux femmes en vertu de leur prétendue nature (et parfois, voire souvent, aussi en vertu d’une prétendue faiblesse masculine). Les femmes sont (seraient, plutôt) plus ci, plus ça… bref : autant de conneries ! C’est ainsi pour cela que, dans l’islam, là où un homme suffit pour porter un témoignagne, on requiert deux femmes : il faut comprendre, on serait trop distraites ! (Par nature !) Et si je disais que les hommes (les êtres humains de sexe masculin) seraient naturellement cons, que se passerait-il ? (D’ailleurs, puisqu’on dit que les femmes n’ont pas le sens de l’orientation, combien d’hommes qui me lisent ont un… GPS ? Je suis une femme, je n’en ai pas, je vis très bien sans et ne me perds qu’extrêmement rarement.)
Pourquoi certaines femmes s’attachent-elles autant à s’attacher à une forme de soumission ?
Je n’ai jamais jugé quelque femme que ce soit qui a fait le choix (et je parle bien de choix) de porter le hijab (bien que je reste dubitative sur toute interprétation littérale de quelque texte que ce soit, le risque était d’aboutir à un extrémisme toujours de mauvais goût). J’avoue avoir plus de mal avec le niqab et, plus encore, avec la burqa, vêtements dans lesquels je ne lie plus la pudeur mais l’effacement, une forme de négation de la femme. Et pourquoi est-ce toujours aux femmes de se couvrir ?
Je comprends l’idée de pudeur et je ne justifie ni ne soutiens davantage l’idée selon laquelle il serait révolutionnaire de découvrir le corps des femmes (pour la plus grande satisfaction — parfois — lubrique de ces messieurs).
Je voudrais juste rappeler qu’on s’est trop souvent justifié de la prétendue attitude provocante d’une femme pour la violer… (Alors qu’il n’en était rien.)

Nothing covered but her eyes

Pis un lien, non inintéressant : L’autre moitié de l’humanité avance… à son rythme !

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un commentaire

  1. Bonjour,
    Je vous prie de m’excuser. Je n’ai malheureusement pas trouvé comment vous contacter autrement que par commentaire.
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